Finances publiques

Le budget de demain

L'argent existe. Il ne manque pas — il s'évapore. En fraude, en niches fiscales, en subventions sans contrôle. WE CITIZENS EU propose de le récupérer, de le redistribuer, et de financer un nouveau modèle.

~30 milliards € perdus chaque année en fraude et évasion fiscale en Belgique
350 milliards € échappent chaque année au fisc européen via l'évasion des multinationales et des grandes fortunes
Le concret d'abord

Un chauffagiste, 468 millions d'euros, et une idée simple

La fraude fiscale n'est pas abstraite. Elle se passe dans notre rue, chez notre voisin, sur notre chaudière. Un seul secteur suffit à illustrer ce que nous perdons collectivement — et comment une mesure simple peut y remédier.

Je forme des jeunes chauffagistes depuis des années. Ils sortent avec leurs agréments, leurs attestations, tout en règle. Et ils se retrouvent en concurrence avec des gens qui travaillent au noir, sans facture, sans contrôle. C'est injuste pour eux, injuste pour l'État, injuste pour les clients — et injuste pour l'environnement.
Technicien chauffagiste & formateur IFAPME Belgique — initiative citoyenne portée devant un cabinet ministériel, 2025

Ce technicien a transmis un rapport chiffré à un cabinet ministériel. La réponse a été positive : la proposition est jugée sérieuse et structurée. C'est exactement le type de démarche que WE CITIZENS EU veut institutionnaliser — des citoyens experts qui proposent des solutions concrètes.

Les chiffres du secteur chauffage
5,2 M
ménages en Belgique
Source : Statbel, janvier 2025
60%
des installations sans entretien officiel
Estimation sectorielle terrain — ~3,12 millions de chaudières
468 M€
chiffre d'affaires non déclaré estimé par an
Base : 150 €/entretien × 3,12M ménages non conformes
28 M€
de TVA perdue chaque année — rien que sur ce secteur
Sans compter l'IPP et les cotisations ONSS

La proposition concrète Une rubrique supplémentaire dans la déclaration fiscale : nom du chauffagiste, numéro d'agrément, référence de facture, date d'entretien. Coût quasi nul. Impact immédiat sur la traçabilité. Un modèle reproductible dans des dizaines de secteurs.

Ce secteur n'est pas une exception. Il est une illustration. Plombiers, électriciens, maçons, jardiniers, aides à domicile — chaque secteur a son propre "trou" fiscal. Mis bout à bout, ils composent les ~30 milliards perdus chaque année.

Ce qu'on peut récupérer

6 pistes de recettes, sans augmenter les impôts des ménages

Chacune de ces pistes est documentée, chiffrée et dispose de précédents dans d'autres pays. Ensemble, elles représentent entre 13 et 33 milliards d'euros annuels de recettes supplémentaires pour la Belgique — de quoi résorber le déficit et financer les 4 piliers EPCD.

Lutte contre la fraude
5–10 Mds€
Niches fiscales entreprises
3–6 Mds€
Capital & grandes fortunes
3–8 Mds€
Automatisation & données
1–3 Mds€
Taxe transactions financières
0,5–2,5 Mds€
Fiscalité environnementale
1–4 Mds€
01
Lutte contre la fraude et l'évasion fiscale
+5 à 10 Mds€/an
La fraude fiscale prive la Belgique d'environ 30 Mds€/an. Récupérer 20 à 30% via le renforcement du SPF Finances, l'IA de détection, la fermeture des conventions avec les paradis fiscaux et la traçabilité sectorielle (comme la rubrique chauffage) suffirait à effacer une large part du déficit. Au Royaume-Uni, le renforcement du HMRC a permis de récupérer +6 Mds£/an.
Faisable à droit constant Volonté politique Moyen terme
02
Révision des niches fiscales non évaluées
+3 à 6 Mds€/an
Les dépenses fiscales pour les entreprises atteignent 20 Mds€/an (BNB). La niche pharma (taux effectif 1–3%), le diesel professionnel (~0,5 Md€), les voitures de société (2,5–4,5 Mds€) : cibler celles dont l'efficacité n'est pas prouvée libère des milliards sans toucher à la compétitivité réelle des PME.
Mesure ciblée Résistance lobbies Législatif 1–2 ans
03
Taxation du capital et des grandes fortunes
+3 à 8 Mds€/an
Le 1% le plus riche détient autant que 75% de la population et contribue proportionnellement deux fois moins (BNB 2024). Une contribution progressive sur les patrimoines nets >2M€ (1,5–2%/an), couplée à une taxe sur les plus-values renforcée et aux droits de succession sur les très hauts patrimoines.
Pilier 2 EPCD Réforme partielle Risque d'expatriation
04
Taxe sur l'automatisation et les données numériques
+1 à 3 Mds€/an
Contribution des entreprises remplaçant des emplois par robots ou IA. Rente sur les données collectées par les plateformes numériques en Belgique. Ces deux mécanismes forment le socle du financement du dividende citoyen (Pilier 2 EPCD). Niveau belge = amorçage ; niveau européen = plein potentiel.
Pilier 1+2 EPCD Nouvelle assiette Cadre EU nécessaire
05
Taxe sur les transactions financières (TTF)
+0,5 à 2,5 Mds€/an
Un taux de 0,1% sur les actions et 0,01% sur les produits dérivés. La Commission européenne estimait le potentiel à 22 Mds€/an pour 10 États membres. La Belgique dispose déjà d'une taxe boursière (TOB) — son extension rapporterait 0,5 à 2,5 Mds€/an. Simple, peu distorsive, efficace.
Technique simple Coopération EU Résistance financière
06
Fiscalité environnementale & suppression des subventions fossiles
+1 à 4 Mds€/an
Les subventions aux énergies fossiles représentent 3 à 5 Mds€/an en Belgique. Les supprimer progressivement et étendre l'ETS2 aux bâtiments et transports libère des ressources fléchées vers la transition. Un euro récupéré ici finance directement la reconversion des travailleurs des secteurs fossiles.
ETS2 déjà en cours Cadre EU existant Impact social à gérer
Potentiel total de recettes nouvelles — Belgique
Sans augmenter les impôts sur le travail des ménages
13 à 33 Mds€/an
Les arguments qui changent le débat

Le déficit belge n'est pas une fatalité

Voici les trois renversements de narration qui fondent l'approche financière de l'EPCD — et qui répondent à l'argument "on n'a pas les moyens".

1
Le déficit, c'est la fraude — pas les dépenses
Le déficit public belge représente environ 27 milliards d'euros en 2025. La fraude et l'évasion fiscale privent l'État d'environ 30 milliards par an. Ces deux chiffres sont quasi identiques. Le problème n'est pas que l'État dépense trop — c'est qu'une part de ce qui lui est dû ne rentre jamais.
Résoudre le déficit ne passe pas par l'austérité. Ça passe par la collecte de ce qui est déjà dû.
2
Les niches coûtent plus que les services publics
Les aides publiques aux entreprises atteignent 25 à 54 milliards d'euros par an en Belgique. Ce montant dépasse le budget annuel de l'enseignement (×1,5) et des soins de santé (×1,15). Une partie de ces aides n'est ni évaluée ni conditionnée à des résultats mesurables. Auditer et conditionner cette dépense libère des ressources sans supprimer un seul service public.
Avant de couper dans les écoles et les hôpitaux, regardons ce qui part sans contrôle vers les entreprises.
3
Investir réduit la dette à long terme
1 euro investi en prévention évite 3 à 5 euros de soins curatifs. 1 euro de formation évite des années d'allocations de chômage. La dette d'investissement (Euro-Tech Bonds, formation, prévention santé) génère un retour économique mesurable. À l'inverse, la dette accumulée sur des dépenses non-productives aggrave la trajectoire sans créer de richesse nouvelle.
La vraie austérité, c'est refuser d'investir dans ce qui rapporte.
L'échelle européenne

Les 350 milliards qui financent l'Europe de demain

Ce que la Belgique ne peut faire seule, l'Union européenne peut le faire. Les recettes fiscales qui s'évaporent chaque année au niveau EU suffisent à financer intégralement les 4 piliers EPCD — sans endetter davantage les États membres.

🏭
200 Mds€/an
Évasion des multinationales
Selon l'Observatoire européen de la fiscalité (2024), les multinationales évitent 200 Mds€ d'impôts par an dans l'UE. Le taux minimum de 15% (OCDE) doit devenir un taux effectif réel, pas nominal — fermeture de toutes les niches qui font tomber le taux à 1–3%.
💎
150 Mds€/an
Évasion des grandes fortunes
150 Mds€ échappent chaque année aux fiscs européens via les patrimoines placés dans des paradis fiscaux. La proposition Zucman — une contribution minimale de 2% sur les fortunes nettes >1 Md€ — rapporterait 200 à 250 Mds€/an au niveau EU. Adoptée en résolution par le G20 en 2024.
🌐
15–25 Mds€/an
DST sur les GAFAM
Une taxe sur les services numériques harmonisée à l'échelle EU (3% du CA des plateformes >750M€) rapporterait 15 à 25 Mds€/an. La France l'a déjà mise en place unilatéralement. L'EPCD propose de flécher 50% vers les Euro-Tech Bonds et 50% vers les fonds de reconversion.
⚡
50–100 Mds€/an
Suppression des subventions fossiles
Le FMI estime les subventions implicites et explicites aux fossiles à ~300 Mds€/an en Europe. Les 50 Mds€ de subventions directes sont les plus immédiatement récupérables. L'ETS2 (bâtiments + transport) entre en vigueur en 2027–2028 — c'est le mécanisme de transition.
🏗️
Structurel
Euro-Tech Bonds — dette productive
Sur le modèle de NextGenerationEU (750 Mds€ sur 5 ans), l'EPCD propose des obligations européennes permanentes fléchées sur les 5 couches de souveraineté technologique. Une dette commune mutualisée est moins coûteuse pour chaque État — et productive si fléchée sur des actifs stratégiques durables.
📊
0,5%→2,5% PIB
FIC — Fonds d'investissement continental
L'investissement public européen en souveraineté technologique cible 5% du PIB EU d'ici 2040, en montée en charge : 0,5% (2027) → 1,5% (2032) → 2,5% (2040). Financé via Euro-Tech Bonds + DST GAFAM + ISOC harmonisé. Précédents : EuroStack, Horizon Europe, STEP.
Dépenser mieux, pas moins

Réformer les dépenses sans austérité

L'EPCD ne vise pas à couper. Il vise à améliorer le rendement social de chaque euro dépensé — en distinguant les dépenses inefficaces (à réformer), celles à réorienter (vers l'investissement productif), et celles à maintenir impérativement.

Auditer les aides aux entreprises
−3 à 8 Mds€/an
25 à 54 Mds€ d'aides publiques aux entreprises sans évaluation systématique. Conditionner ces aides à des critères mesurables : maintien de l'emploi, ancrage territorial, critères ESG. Réduire les aides aux secteurs non stratégiques ou polluants sans conditions.
Rationaliser la complexité institutionnelle
−1 à 3 Mds€/an
6 niveaux de pouvoir en Belgique génèrent des doublons administratifs estimés à 1–3 Mds€/an. Rationaliser les compétences partagées, supprimer les provinces, digitaliser intégralement les services publics. Un État plus simple est aussi un État plus juste.
Du curatif au préventif
−2 à 5 Mds€/an à terme
1€ investi en prévention santé évite 3 à 5€ de soins curatifs. Investir dans le logement abordable réduit les coûts en santé mentale, justice et sécurité. La semaine de 32h réduit l'épuisement professionnel et ses coûts associés. Retour sur 5 à 10 ans — mais inévitable.
Marchés publics : ancrage local
Multiplicateur budgétaire
30% des marchés publics réorientés vers les coopératives et PME locales génère un effet multiplicateur supérieur : chaque euro dépensé localement circule 2 à 3 fois dans l'économie avant de fuir. Ce n'est pas une économie directe — c'est un meilleur rendement de la dépense publique.

L'argent existe. Il faut le volonté.

WE CITIZENS EU ne promet pas de magie budgétaire. Il propose un changement de priorités — collecter ce qui est dû, conditionner ce qui est offert, investir dans ce qui rapporte. Si tu partages cette vision, rejoins le mouvement.